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" "Little soul, gentle and drifting, guest and companion of my body, now you will dwell below in pallid places, stark and bare; there you will abandon your play of yore. But one moment still, let us gaze together on these familiar shores, on these objects which doubtless we shall not see again....Let us try, if we can, to enter into death with open eyes...
Marguerite Cleenewerck de Crayencour (June 8 1903 – December 17 1987) was a Belgian-born French novelist who wrote under the pseudonym Marguerite Yourcenar. She was the first woman to be elected to the Académie française.
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At that period I paid as constant attention to the greater securing of my happiness, to enjoying and judging it, too, as I had always done for the smallest details of my acts; and what is the act of love, itself, if not a moment of passionate attention on the part of the body? Every bliss achieved is a masterpiece; the slightest error turns it awry, and it alters with one touch of doubt; any heaviness detracts from its charm, the least stupidity renders it dull. My own felicity is in no way responsible for those of my imprudences which shattered it later on; in so far as I have acted in harmony with it I have been wise. I think still that someone wiser than I might well have remained happy till his death.
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Je condamne l'ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu'on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J'ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l'éducation de l'enfant. Je pense qu'il faudrait des études de base, très simples, où l'enfant apprendrait qu'il existe au sein de l'univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu'il dépend de l'air, de l'eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire. Il apprendrait que les hommes se sont entre-tués dans des guerres qui n'ont jamais fait que produire d'autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil. On lui apprendrait assez du passé pour qu'il se sente relié aux hommes qui l'ont précédé, pour qu'il les admire là où ils méritent de l'être, sans s'en faire des idoles, non plus que du présent ou d'un hypothétique avenir. On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts. On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n'osent plus donner dans ce pays. En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celles du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d'avance certains odieux préjugés. On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est