There’s the silence of walks through the snow, muffled footsteps under a white sky. All around you nothing moves. Things and even time itself are ice… - Frédéric Gros

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There’s the silence of walks through the snow, muffled footsteps under a white sky. All around you nothing moves. Things and even time itself are iced up, frozen solid in silent immobility. Everything is stopped, unified, thickly padded. A watching silence, white, fluffy, suspended as if in parentheses.

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About Frédéric Gros

Frédéric Gros (born 30 November 1965) is a French philosopher.

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Walking is the best way to go more slowly than any other method that has ever been found. To walk, you need to start with two legs. The rest is optional. If you want to go faster, then don’t walk, do something else: drive, slide or fly. Don’t walk. And when you are walking, there is only one sort of performance that counts: the brilliance of the sky, the splendour of the landscape. Walking is not a sport.
Once on his feet, though, man does not stay where he is.

On n’est jamais personne pour les collines et les grandes frondaisons. On n’est plus ni un rôle, ni un statut, pas même un personnage, mais un corps, un corps qui ressent la pointe des cailloux sur les chemins, la caresse des hautes herbes et la fraîcheur du vent. Quand on marche, le monde n’a plus ni présent, ni futur. Il n’y a plus que le cycle des matins et des soirs. Toujours à faire la même chose tout le jour : marcher.

Mais marcher, cela fait imprégnation. Marcher interminablement, faire passer par les pores de sa peau la hauteur des montagnes quand on s’y affronte très longtemps, respirer des heures durant la forme des collines en les dévalant longuement. Le corps devient pétri de la terre qu’il foule. Et progressivement, ainsi, il n’est plus dans le paysage : il est le paysage. Ce n’est pas forcément dissolution, comme si le marcheur s’évanouissait et en devenait une simple inflexion, une ligne supplémentaire. Parce qu’en lui soudain ce rapport s’illumine. C’est comme un instant qui éclate. Feu brusque : le temps s’enflamme. Là, le sentiment d’éternité, c’est tout à coup cette vibration des présences. L’éternité, ici, comme étincelle.

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