Dernière chose : on n’est pas seul enfin parce que, dès qu’on marche, on est aussitôt deux. Surtout après avoir marché longtemps. Je veux dire qu’il … - Frédéric Gros

" "

Dernière chose : on n’est pas seul enfin parce que, dès qu’on marche, on est aussitôt deux. Surtout après avoir marché longtemps. Je veux dire qu’il y a toujours, même seul, ce dialogue entre le corps et l’âme.

French
Collect this quote

About Frédéric Gros

Frédéric Gros (born 30 November 1965) is a French philosopher.

Works in ChatGPT, Claude, or Any AI

Add semantic quote search to your AI assistant via MCP. One command setup.

Related quotes. More quotes will automatically load as you scroll down, or you can use the load more buttons.

Additional quotes by Frédéric Gros

La marche, on n’a rien trouvé de mieux pour aller plus lentement. Pour marcher, il faut d’abord deux jambes. Le reste est vain. Aller plus vite ? Alors, ne marchez pas, faites autre chose : roulez, glissez, volez. Ne marchez pas. Et puis, marchant, il n’y a qu’une performance qui compte : l’intensité du ciel, l’éclat des paysages. Marcher n’est pas un sport.
Mais une fois debout, l’homme ne tient pas en place.

Mais marcher, cela fait imprégnation. Marcher interminablement, faire passer par les pores de sa peau la hauteur des montagnes quand on s’y affronte très longtemps, respirer des heures durant la forme des collines en les dévalant longuement. Le corps devient pétri de la terre qu’il foule. Et progressivement, ainsi, il n’est plus dans le paysage : il est le paysage. Ce n’est pas forcément dissolution, comme si le marcheur s’évanouissait et en devenait une simple inflexion, une ligne supplémentaire. Parce qu’en lui soudain ce rapport s’illumine. C’est comme un instant qui éclate. Feu brusque : le temps s’enflamme. Là, le sentiment d’éternité, c’est tout à coup cette vibration des présences. L’éternité, ici, comme étincelle.

Unlimited Quote Collections

Organize your favorite quotes without limits. Create themed collections for every occasion with Premium.

On ne fait rien en marchant, rien que marcher. Mais de n’avoir rien à faire que marcher permet de retrouver le pur sentiment d’être, de redécouvrir la simple joie d’exister, celle qui fait toute l’enfance. Ainsi la marche, en nous délestant, en nous arrachant à l’obsession du faire, nous permet d’à nouveau rencontrer cette éternité enfantine. Je veux dire que marcher, c’est un jeu d’enfant. S’émerveiller du jour qu’il fait, de l’éclat du soleil, de la grandeur des arbres, du bleu du ciel. Je n’ai besoin pour cela d’aucune expérience, d’aucune compétence.

Loading...