Était-ce un connaisseur en matière de femme,
Cet écrivain qui dit que, lorsqu'elle sourit,
Elle vous trompe; elle a pleuré toute la nuit?
Ah! s'il est vrai qu'un œil plein de joie et de flamme,
Une bouche riante et de légers propos
Cachent des pleurs amers et des nuits de sanglots;
S'il est vrai que l'acteur ait l'âme déchirée
Quand le masque est fardé de joyeuses couleurs,
Qu'est-ce donc quand la joue est ardente et plombée,
Quand le masque lui-même est inondé de pleurs ?
Je ne sais si jamais l'éternelle justice
A du plaisir des dieux fait un plaisir permis ;
Mais, s'il m'était donné de dire à quel supplice
Je voudrais condamner mon plus fier ennemi,
C'est toi, pâle souci d'une amour dédaignée,
Désespoir misérable et qui meurs ignoré,
Oui, c'est toi, ce serait ta lame empoisonnée
Que je voudrais briser dans un cœur abhorré !
Savez-vous ce que c'est que ce mal solitaire ?
Ce qu'il faut en souffrir seulement pour s'en taire ?
Pour que toute une mer d'angoisses et de maux
Demeure au fond du crâne, entre deux faibles os ?...
French writer (1810–1857)
Alfred Louis Charles de Musset-Pathay (11 December 1810 – 2 May 1857) was a French dramatist, poet, and novelist. Along with his poetry, he is known for writing the autobiographical novel La Confession d'un enfant du siècle (The Confession of a Child of the Century).
From: Wikipedia (CC BY-SA 4.0)
Alternative Names:
Alfred Louis Charles de Musset-Pathay
•
Alfred De Musset
•
Louis Charles Alfred Musset
•
Alfred de Musset-Pathay
•
Alfred Louis Charles de Musset
From Wikidata (CC0)
Showing quotes in randomized order to avoid selection bias. Click Popular for most popular quotes.
Je tenais dans mes bras une superbe danseuse d’un théâtre d’Italie, venue à Paris pour le Carnaval ; elle était en costume de Bacchante, avec une robe de peau de panthère. Jamais je n’ai rien vu de si languissant que cette créature. Elle était grande et mince, et, tout en valsant avec une rapidité extrême, elle avait l’air de se traîner ; à la voir, on eût dit qu’elle devait fatiguer son valseur ; mais on ne la sentait pas, elle courait comme par enchantement.
Sur son sein était un bouquet énorme, dont les parfums m’enivraient malgré moi. Au moindre mouvement de mon bras, je la sentais plier comme une liane des Indes, pleine d’une mollesse si douce et si sympathique, qu’elle m’entourait comme d’un voile de soie embaumée. À chaque tour on entendait à peine un léger froissement de son collier sur sa ceinture de métal ; elle se mouvait si divinement que je croyais voir un bel astre, et tout cela avec un sourire, comme une fée qui va s’envoler. La musique de la valse, tendre et voluptueuse, avait l’air de lui sortir des lèvres, tandis que sa tête, chargée d’une forêt de cheveux noirs tressés en nattes, penchait en arrière, comme si son cou eût été trop faible pour la porter.
PREMIUM FEATURE
Advanced Search Filters
Filter search results by source, date, and more with our premium search tools.
You’re like a lighthouse shining beside the sea of humanity, motionless: all you can see is your own reflection in the water. You’re alone, so you think it’s a vast, magnificent panorama. You haven’t sounded the depths. You simply believe in the beauty of God’s creation. But I have spent all this time in the water, diving deep into the howling ocean of life, deeper than anyone. While you were admiring the surface, I saw the shipwrecks, the drowned bodies, the monsters of the deep