« Ô Dieu ! m’écriai-je, comment cela est-il possible ? Ô monstre superbe ! ô beau reptile, comme tu enlaces ! comme tu ondoies, douce couleuvre, avec ta peau souple et tachetée ! comme ton cousin le serpent t’a appris à te rouler autour de l’arbre de la vie, avec la pomme dans les lèvres ! Ô Mélusine ! ô Mélusine ! les cœurs des hommes sont à toi. Tu le sais bien, enchanteresse, avec ta moelleuse langueur qui n’a pas l’air de s’en douter. Tu sais bien que tu perds, tu sais bien que tu noies ; tu sais qu’on va souffrir lorsqu’on t’aura touchée ; tu sais qu’on meurt de tes sourires, du parfum de tes fleurs, du contact de tes voluptés ; voilà pourquoi tu te livres avec tant de mollesse, voilà pourquoi ton sourire est si doux, tes fleurs si fraîches ; voilà pourquoi tu poses si doucement ton bras sur nos épaules. Ô Dieu ! ô Dieu ! que veux-tu donc de nous ? »

D’ailleurs la mort est toujours là ; n’est-elle pas partout sous les pieds de l’homme, qui la rencontre à chaque pas dans cette vie ? L’eau, le feu, la terre, tout la lui offre sans cesse ; il la voit partout dès qu’il la cherche, il la porte à son côté.

L'homme qui a perdu son ombre, c'est celui qui a perdu l'abri où se retraire. L'homme qui a égaré son double, c'est celui qui est en proie au seul destin, son destin. L'homme qui a perdu son ombre, c'est celui qui est tout entier dans ce qu'il est, qui s'abîme en soi, se perd en lui-même.

Three elements entered into the life which offered itself to these
children: behind them a past forever destroyed, still quivering on its
ruins with all the fossils of centuries of absolutism; before them the
aurora of an immense horizon, the first gleams of the future; and between
these two worlds — like the ocean which separates the Old World from the
New — something vague and floating, a troubled sea filled with wreckage,
traversed from time to time by some distant sail or some ship trailing
thick clouds of smoke; the present, in a word, which separates the past
from the future, which is neither the one nor the other, which resembles
both, and where one can not know whether, at each step, one treads on
living matter or on dead refuse.

في ذلك الحين، عندما ترفعون رؤوسكم لتؤدوا الشكر لله، أيها الأحرار، لأنه أوجدكم في عصر الحصاد، افتكروا فينا نحن الراحلين وتذكروا أن ما تتمتعون به من عناء وسلام قد كلفنا كثيرًا من الشقاء.
ترحموا علينا أكثر مما تترحمون على سائر من تقدموكم في مراحل الأجيال، لأننا تحملنا أوجاع أجدادكم دون أن نتمتع بما كان لهم من عزاء...

Je comprends. On a placé ta froide main dans la main du vassal insolent, décoré des pouvoirs du maître ; la royale procuration, sanctionnée par l’officieux chapelain de Son Excellence, a réuni aux yeux du monde deux êtres inconnus l’un à l’autre. Je suis au fait de ces cérémonies. Et toi, ton coeur, ta tête, ta vie, marchandés par entremetteurs, tout a été vendu au plus offrant ; une couronne de reine t’a faite esclave pour jamais ; et cependant ton fiancé, enseveli dans les délices d’une cour, attend nonchalamment que sa nouvelle épouse... ( RAZETTA )

"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : " J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.

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Voilà ce que c'est que la faiblesse humaine ! Es-tu de force à avoir celle-là ? Es-tu un homme ? prends garde au dégoût ; c'est encore un mal incurable ; un mort vaut mieux qu'un vivant dégoûté de vivre. As-tu un cœur ? prends garde à l'amour ; c'est pis qu'un mal pour un débauché, c'est un ridicule ; les débauchés payent leurs maîtresses, et la femme qui se vend n'a droit de mépris que sur un seul homme au monde, celui qui l'aime. As-tu des passions ? prends garde à ton visage ; c'est une honte pour un soldat de jeter son armure, et pour un débauché de paraître tenir à quoi que ce soit ; sa gloire consiste à ne toucher à rien qu'avec des mains de marbre frottées d'huile, sur lesquelles tout doit glisser. As-tu une tête chaude ? si tu veux vivre, apprends à tuer ; le vin est parfois querelleur. As-tu une conscience ? prends garde à ton sommeil ; un débauché qui se repent trop tard est comme un vaisseau qui prend l'eau : il ne peut ni revenir à terre ni continuer sa route ; les vents ont beau le pousser, l'Océan l'attire ; il tourne sur lui-même, et disparaît. Si tu as un corps, prends garde à la souffrance ; si tu as une âme, prends garde au désespoir. O malheureux ! prends garde aux hommes !